BABACAR TRAORE DOLI
Je suis né à la Rue 1, non loin de la plage de Kussum, à la Médina, quartier « noir » de Dakar, créé à la veille de la Première Guerre mondiale. Les poteaux et fils électriques, les antennes des télévisions sur les toits des maisons et immeubles, les maisons coloniales encore en très bon état, ou ces demeures en état de décrépitude avancée, vestiges d’une histoire récente, la diversité des couleurs, des nationalités, le rural dans l’urbain ; ce désordre dans l’ordre, cette cohabitation chaotique constituent la matière première de mon travail. Je me considère comme un photographe de quartier, et mon quartier, c’est le monde. J’utilise la photographie pour archiver les moments de mon quotidien et définir mon temps, mon époque pour les générations présentes et futures. Je vis et travaille à Dakar.
NOUS DISONS NON
Le voyage est trop long, la mer en colère.
Nous refusons de surcharger nos corps dans des pirogues fragiles vers des destinations abstraites et mensongères, dans cette marée haute.
Nous disons non.
Nous avons compris que cela ne vaut plus la peine de risquer nos vies pour ces mirages.
Nous sommes convaincus de rester ici, ce que nous avons nous suffit.
Toutes nos portes sont ouvertes, soyez les bienvenus.
Fermez toutes vos frontières, elles n’ont pas plus de sens aujourd’hui que celles tracées à la règle à Berlin autrefois.
Nous tournons le dos à ces tentations suicidaires pour suivre d’autres espérances, d’autres vérités, vers des horizons plus lumineux, sans danger ni haine.
C’est le temps de la rébellion souriante.